Harcèlement au travail et droit à la déconnexion : deux obligations à ne pas négliger

La conformité sociale ne se limite pas à la paie ou aux contrats de travail. Certaines obligations internes, parfois moins visibles, occupent désormais une place centrale dans la gestion des ressources humaines. C’est notamment le cas des dispositifs relatifs au harcèlement au travail et au droit à la déconnexion.

1. Prévenir le harcèlement moral et sexuel : une obligation concrète de l’employeur

Le droit luxembourgeois impose à l’employeur de protéger les salariés contre les comportements de harcèlement au travail.

En matière de harcèlement moral, l’employeur doit mettre en place des mesures de prévention adaptées, après information et consultation de la délégation du personnel ou, à défaut, de l’ensemble du personnel. Lorsque des faits sont portés à sa connaissance, il doit intervenir sans délai afin de faire cesser la situation et procéder à une évaluation interne.

En matière de harcèlement sexuel, l’employeur doit également veiller à ce qu’aucun comportement de cette nature ne subsiste dans l’entreprise dès lors qu’il en a connaissance. Les mesures prises doivent comprendre, notamment, des actions d’information. Le harcèlement sexuel recouvre tout comportement à connotation sexuelle, ou fondé sur le sexe, qui porte atteinte à la dignité d’une personne ou crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

En pratique, ces obligations appellent généralement la mise en place de documents et processus internes clairs, tels que :

2. Le droit à la déconnexion : une obligation formalisée dans le Code du travail

Depuis l’introduction de l’article L.312-9 du Code du travail, l’employeur doit définir un régime spécifique assurant le respect du droit à la déconnexion lorsque les salariés utilisent des outils numériques à des fins professionnelles.

Ce régime doit prévoir au minimum :

Le cadre de mise en place dépend de la situation de l’entreprise. Le régime peut être défini par convention collective ou accord subordonné. À défaut, il revient à l’employeur de l’établir au niveau de l’entreprise. Lorsqu’une délégation du personnel existe, celle-ci doit être informée et consultée ; dans les entreprises occupant au moins 150 salariés, l’introduction ou la modification du régime doit se faire d’un commun accord avec la délégation du personnel.

Il convient également de rappeler que l’absence de mise en place de ce régime spécifique peut exposer l’employeur à une amende administrative de 251 à 25.000 euros. D’après l’ITM, cette sanction est applicable à compter du 4 juillet 2026.
 

3. Ce qu’il faut retenir

Ces deux thématiques traduisent une même exigence : l’employeur doit être en mesure de démontrer que des règles internes existent, qu’elles sont connues et qu’elles sont adaptées à la réalité de l’entreprise.

Sur le plan pratique, une approche prudente consiste à vérifier :

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